mercredi 26 janvier 2011

Get out of my mind 2010

Get out of my mind

A short film we made.

A young men is alone in his house were he lives by him self. He recalls memories from his past.

It was rank 150th (on 1500) in the sky prods competition 2010 in the short film category.
The camera is really not good and we recorded the sound with it so it's not very good quality but we tried our best to make it work with no budget.
























jeudi 30 décembre 2010

"Donnie Darko" de Richard Kelly

"Donnie Darko" de Richard Kelly


Donnie Darko est un film américain de Richard Kelly, sorti en 2001. Echec total des son premier weekend au box office, Il gagna petit a petit une notoriété auprès des fans et est considéré maintenant comme réel phénomène et film culte. Le réalisateur dont c'est son premier film fut directement pris pour un des réalisateurs indépendants les plus important de sa génération. Situé dans les années 80 et dans une ville fictive des états-unis, le film raconte l'histoire d'un jeune adolescent marginal qui va voir sa vie grandement troublé après la chute d'une partie d'un avion dans sa chambre en plein milieu de la nuit. Entre science fiction et teen movie, l'auteur s'oriente vers de nombreux sujets comme les premiers amours adolescents, le voyage dans le temps ou encore l'existentialisme et la solitude vue par le héros éponyme. On croise dans cette aventure plus qu'atypique de nombreux personnages secondaires qui auront chacun leurs rôles a jouer. L'Auteur cultive aussi un réel mystère et suspens dans l'intrigue ou chaque détails a sa signification et ou le dénouement final peut avoir de nombreuses explications.

donnie-darko.jpg    La premiere chose qui frappe c'est l'évolution du personnage, le fait qu'on s'assimilie directement a lui. On pourrait ici parler de film d'apprentissage. Un adolescent tourmenté apprend petit a petit a être un homme, de prendre des décisions et d'en assumer les conséquences. Il vient de plus en plus mature dans le film en étant plus autonome. Ceci équivaut a la première partie du film. Tout le monde pourrait s'identifier a ce personnage a un degré plus ou moins important. Le scenario peint un personnage qui a du mal a trouver sa place et qui semble incompris de ces parents ou des enseignants. En plus de cela, il voit un psychiatre, prend des anti-de presseurs et connait ses premiers amours. L'auteur montre ainsi un questionnement qu'on pourrait qualifier d'existentiel a travers son héros. Les nombreuses discussions entre lui et son psychiatre montre bien ce que veut transmettre le scenario. Ses questionnements ou les tourmentations du personnage principale pourraient être les nôtres ce qui amplifie cette identification entre le spectateur et le héros éponyme. Ainsi le spectateur apprend de Donnie et réfléchit sur lui-même et sa place dans la société. C'est un peu comme un roman d'apprentissage.

    Mais ce film est aussi un film de science fiction ou en tout cas emprunte a ce genre. Le scenario recèle de nombreux mystères et d'éléments extraordinaires. Déjà le film commence sur ce décalage entre vie normale et vie anormale. Ainsi le début montre une famille ordinaire dans une ville ordinaire puis des évènements extraordinaire issu de la science fiction vont chambouler leur vies. On a par exemple: un réacteur d'un avion qui n'existe pas ou qui semble introuvable, un lapin imaginaire qui connait le future, des tubes d'eau sortant des corps prédisant leur avenir instantané et la fin ou un réel trou dans l'espace-temps ce produit. En plus de cela le thème du voyage dans le temps est omniprésent et le personnage principal en est presque obsédé. Le réalisateur sait en plus entretenir le mystère et le suspens, chaque détails, chaque discussion on un sens dans le dénouement.

Donnie Darko.jpg
    Finalement Richard Kelly utilise pour son récit la structure du conte. Donni Darko est un conte moderne qui se déroule dans la réalité mais qui est accompagnée d'éléments oniriques et merveilleux. On a en premier un personnage ordinaire, donnie, qui vie dans un milieu ordinaire. Les dix premières minutes du film est une réel scène d'exposition avec un long plan séquence sur la musique de
tears for fears qui met en scène tous les personnages qui auront de l'importance dans le film. Puis un phénomène surnaturel déclenche l'histoire et l'intérêt du film. Le réacteur de l'avion qui tombe sur la maison déclenche les visions et les discussions de Donnie avec le Lapin. Ainsi le héros est doté de sortes de pouvoirs qui vont l'aider a poursuivre sa quête. Le lapin donne aussi au heros sa mission, son but dans le film. Cette quête va ensuite aider Donnie a changer , a devenir un homme : Il a une première petite amie, il devient de moins en moins timide et ce met face a l'autorité qu'il juge absurde. Puis les problèmes se complexifient et Donnie sent petit a petit que le dernier conflit approche. C'est le commencement de la fin ou Donnie organise une fête chez ses parents. C'est la que l'histoire se dénoue: Le héros part avec sa petite amie et ses amis a l'endroit du dénouement qu'avait prédit le lapin imaginaire. Cette scène peut faire penser a la scène final de E.T de Spielberg ou les quatre enfants partent en vélos pour ramener l'extraterrestre chez lui. Ici c'est la même chose sauf que le spectateur ne connait pas les intentions du personnage principale et reste ainsi dans le mystère. Tout s'éclaircit petit a petit et vient l'heure ou le héros doit faire un sacrifice, il fait face donc a un dilemme. Et bien sur il choisit de se sacrifier pour éviter les malheurs qui ont eu lieu si il survivais.

jeudi 7 octobre 2010

La Ligne Rouge

La Ligne Rouge est un film sur la guerre du Pacifique, adapté d'un roman de James Jones, entre les Américains et les Japonais. Situé sur l'ile de Guadalcanal, le film raconte l'histoire des soldats de la compagnie C dans leur affrontement contre les Japonais. Le casting, extrêmement varié, est compose principalement de Jim Caviezel, Sean Penn, Ben Chaplin, Elias Koteas et Nick Nolte. Sortit quasiment en même temps que « Il faut sauver le soldat Ryan » de Spielberg, le film eu un succès limité en salle mais une très bonne réception critique. Le réalisateur Terrence Malick sort d'une absence de 20 vingt ans pour faire un film tant lyrique que réaliste dont le sujet est tant une étude de la guerre que une étude philosophique.

Les premières images du film sont très parlantes: une nature exotique, verte, non touchée par l'homme. Au milieu, un village d'indigènes qui vit en paix, en harmonie avec cette nature si présente. Des soldats, enfuis de leur régiment, y goutent les joies de la vie simple. Mais arrive leur navire imposant qui les ramène à la réalité. A l'intérieur tout est sombre, sans vie. Malick oppose donc la nature et la guerre, et il va le faire tous au long du film. Mais l'avantage qu'a le réalisateur c'est qu'il sait ou placer sa camera. En effet on a un plaisir immense à voire cette nature filmée sous tous les angles avec une justesse extrême. On a, tout au long du film, des images de végétation dense, d'animaux colorés , du ciel envahis par des aigles magnifiques ou des nuages sublimes. Petite anecdote: Terrence Malick aurai, en plein tournage d'une scène importante, tout arrêté parce qu'il aurait vu un aigle dans le ciel et qu'il voulu le filmé.

De plus le film est une étude détaillée de la guerre. Les scènes de guerre, avec leurs décors et costumes parfaits, sont d'un réalisme effrayant. Elles dépeignent avec justesse les sentiments humains, la peur, la folie etc. Le jeu des acteurs aide beaucoup car il est, pour la plupart, époustouflant. Les soldats dégagent une telle intensité qu'il est difficile de ne pas y croire. Mais au delà des fusillades le réalisateur fait aussi une études des prisonniers qui sont extrêmement utilisé dans le film. Au contraire de beaucoup de film de guerre l'ennemi est, tout d'abord, invisible, il se cache -on le croit intouchable- puis petit à petit on le découvre tout aussi misérable et désespéré. Malick nous montre, sans pudeur, les prisonniers Japonais qui rendent la guerre de plus en plus obsolète car les soldats se rendent compte à leur contact qu'il n'ont de réelle ennemie si ce n'est eux-même.

Mais la qualité du film, sur l'étude qu'il fait de la guerre, est sa manière de transmettre les émotions. En effet Malick fait de son film un voyage sensoriel ou l'image et le son véhiculent toutes l'intensité de la guerre. Les scènes d'avant batailles juxtaposent la nature, omniprésente, et l'attente infernale que vivent les soldats. Puis les scènes de guerre sont de véritables descentes aux enfers ou l'humain est repoussé dans ses derniers retranchements. Malick nous démontre, dans ces moments d'hyper tension, tous ce que le cinema peut apporter aux spectateurs. Exemple frappant: premières fusillades, la plupart des soldats sont apeurés, sursautent à chaque bruit de bombes, quelques uns sont déjà tombé dans la folie tant la mort est proche, et on aperçoit l'image d'un oiseau mourant dans la boue, agonisant, sous les bombardement. La beauté lyrique de ces images symboliques touche le spectateur et le fait réfléchir, il utilise l'art du cinema pour nous atteindre tant sur un plan émotionnel que sur un plan psychologique.

Le film devient un combat sans fin qui met en scène des personnages complexes en quête de vérité sur leur monde. Tous les « guerriers » sont repoussés dans leur retranchements mentals et on les voit donc dénudés et au bord de la crise de folie. Trois soldats servent de fil conducteur a l'histoire, et leurs actions et questionnements sont les étapes majeurs de la quête métaphysique du film. On a tout d'abord Staros (interprété par Elias Koteas), un capitaine d'origine grec qui dirige la compagnie C sous les ordres du lieutenant colonel (interprété par Nick Nolte). Il se réfugie dans l'amour qu'il porte à ses soldats et sa volonté de ne pas les trahir, et va donc désobéir aux ordres. Il refuse de voir ses soldats mourir. Puis le soldat Witt (Jim Caviezel), qu'on voit au tout début du film. La structure philosophique du film est basée sur ses questionnements. Il est le seule qui ne développe pas une peur de la mort et a un regard très rassurant comme s'il savait déjà tout. C'est un prophète qui se retrouve dans sa foi et sa croyance en un monde meilleur: « I seen another world » (j'ai vu un autre monde). Le dernier, le sergent Edward Welsh (Sean Penn), est un réaliste totalement opposé a Witt. Il ne cherche pas de réponse et ne se réfugie pas dans ce sentiment de bravoure sur-dimensionné, mais regarde la guerre comme elle est, sans la mystifier: « Property. The whole fucking thing's about property. » (Propriété. Tout ca est à cause de la propriété). Il est le seule qui survit, Witt meurt et Staros est renvoyé au pays parce qu'il est trop « soft ». Mais tous les trois sont confrontés à la folie qu'engendre la guerre et restent impuissant. Witt conclut: « War don't ennoble men. It turns them into dogs... poisons the soul » (la guerre ne rend pas noble l'être humain. Elle le change en chien... Empoisonne l'âme) alors que Welsh reste fataliste, «  What difference do you think you can make, one man in all this madness? » (Quelle difference crois-tu pouvoir faire, un homme dans toute cette folie).

En plus de ces trois personnages, les autres soldats rajoutent à l'étude que fait le film sur la psychologie d'une personne face à la mort. Le réalisateur met en scène des soldats fatigués mentalement et fragiles qui se réfugient tous vers quelque chose, comme l'amour, la bravoure, Dieu, la violence, pour éviter de tomber dans la folie. Ils sont tous dépassés par les évènements et agissent sans réflexion et par instinct. Les regards déconcertent, divaguent, et recherchent une réponse à toute cette violence. Le réalisateur utilise, pour accentuer la fragilité des personnages, des flash-backs souvent succincts et rapides et rappelant ceux de « Ordinary people » (1981) de Robert Redford . Comme dans le film de Redford, ils symbolisent l'intérieur d'un personnage qui face à l'incompréhension, cherche dans ses souvenirs quelque chose de concret, de réel à quoi il peut s'accroché. Souvent en juxtaposés avec des voix off, les flash-backs rajoutent au lyrisme et à la poésie du film tant les images sont « édulcorées » car mémoires fortes d'un personnage. Le film a donc un regard très critique sur la condition des soldats qui sont pour la plupart aliénés de leur sentiment, « I look at that boy dyin', I don't feel nothin'. I don't care about nothin' anymore. » (je regarde ce garçon mourir, je ne sens rien. Je ne tiens plus à rien à présent) ou totalement traumatisé.


Au delà d'un film de guerre, La ligne Rouge, est une oeuvre à ton philosophique. Malick, ancien prof de philosophie au MIT, donne au film un sens métaphysique tant les questions sur la mort, l'immortalité, la nature et la guerre reviennent dans les voix off. Mais il fait mieux que poser des questions, il répond à travers les images. S'installe donc un jeu entre les voix-off de Witt (Jim Caviezel) et les plans qui cherchent à donner une réponse au question qu'il pose. C'est le spectateur qui les interprètent. L'exemple le plus important se constate tout au long du film: Witt cherche des le début du film l'immortalité dans ce qu'il voit et expérience, Malick suggère que cette nature si imposante et omniprésente est immortelle au contraire des soldats qui la souille mais finiront inévitablement par mourir. C'est la nature qui juge l'être humain dans son silence, incitant donc à la folie et la culpabilité. Les soldats survivants sont changés à jamais car pour Malick la guerre n'est pas naturel a l'homme: « What is this great evil? How did it steal into the world? From what seed, what root did it spring? Who's doing this? Who's killing us? Robbing us of light and life. Mocking us with the sight of what we might have known. » (Quel est ce mal? Comment c'est-il glisser dans notre monde? De quelle graine, quelle racine a-t-il germer? Qui fait ca? Qui nous tue? Nous vole de la lumière et de la vie . Se moque de nous avec l'aperçu de ce qu'on aurait pu savoir).   

Usual Suspect

    Usual suspects de Bryan Singer, qui raconte l'histoire d'une bande de gangsters autour d'une affaire complexe sur l'explosion d'un bateau utilisé pour trafique de drogue, est un film américain sortie en 1995. Bryan Singer est alors un un talentueux jeune réalisateur qui a reçu le prix du grand jury au festival de Sundance pour son premier long métrage « public access » en 1988. Ce deuxième long métrage, doté d'un scenario complexe, suit une narration non-linéaire entrecoupée de flash-back et de sauts temporelles empruntant à de nombreux genres. Avec un casting exceptionnel (Kevin Spacey, Gabriel Byrne, Benicio Del Toro, Stephen Baldwin), l'auteur signe un thriller innovant et captivant qui utilise avec brio la technique du twist final. La réussite fut énorme et le film recevra l'oscar du meilleur scenario original et du meilleur second rôle pour Kevin Spacey. Il a désormais pris le titre de thriller culte et aujourd'hui encore de nombreuses personnes débâtent sur le pourquoi du comment du scenario. Mais le film offre bien plus qu'un simple thriller, il pose aussi une réelle réflexion sur la fiction et la réalité dans le cinema.

    Usual suspect est d'abord un film attrayant et innovant qui garde le spectateur au fond de son siège et le plonge dans une atmosphère sombre située dans un milieu criminelle mystérieux incarnée par le personnage de Keyser Soze. On doit la réussite du film au scenario complexe où le spectateur est invité à réfléchir sur les méandres des nombreux évènements du film. Ce scenario utilise donc la méthode du flash-back. L'histoire commence par ,entre guillemet, la fin. C'est Verbal Kint le seule survivant de l'explosion du bateau ouvrant le film, qui raconte a l'agent de police comment lui et ses compagnons en sont arrivé là. Ainsi on peut voir dans le scenario une directe séparation de la population: tu es sois un flic ou un truand ou encore un avocat mais ce dernier navigue entre les deux camps. En plus ce système de flash-back , où c'est un personnage qui en faite nous raconte le film, fait apparaître un réel mystère: Comment peut-on savoir qu'il dit la vérité? C'est sur ca que joue le scenario, l'auteur nous met dans la place de l'agent et lui essaye de nous convaincre par l'intermédiaire de verbal klint interprété par l'incroyable Kevin Spacey. On l'écoute nous raconter cette incroyable histoire illustrée de détails et de rencontres si étrange qu'on ne peut penser à un moment que l'interlocuteur nous ment.

    Ce qui nous amène à la mise en scène atypique et énergétique de l'auteur. Le fil de l'histoire n'étant pas linéaire le réalisateur met en scène deux périodes différentes : Le passé raconté par verbal klint qui montre les évènements avant l'explosion du bateau et le présent ou ,pendant que kint raconte l'histoire, la police enquête. Il crée aussi des personnages reconnaissables et un peu caricaturales avec ces cinq voyous ou chacun a son rôle : le chef, le silencieux, le dangereux, le déconneur, et le pro des explosifs. Chacun à sa part de mystère et tous peuvent-être soupçonné de n'être pas clair, de ne pas dire tout ce qu'il sait. On les soupçonne tous à un moment ou a autre d'être ce fameux Keyser Soze. L'auteur créer ainsi un réel mythe autour de ce personnage à tel point qu'il est aujourd'hui parti intégrante de la culture populaire. Il reste pour le spectateur une sorte de mystère, un être génial et incroyablement brillant, un roi du déguisement. Tout les éléments du film, tous les détails sont notés par le spectateur comme possible indice à une vérité, une logique qu'on espère. Tout ceci est anéanti par la chute qui laisse le spectateur sans voix.

    Mais finalement après deux heures de films ou est la vérité. Y a t-il des éléments qui sont réels, une logique dans ce que dit Verbal Kint? Quand dit-il la vérité? Es que tout les personnages sont inventés et viennent de son imagination? Apriori ce sont les questions que se posent le spectateur. Il cherche directement a comprendre tous les petits détails du scenario pour trouver une faille, une explication. Bien évidemment ce n'est pas la que le film tire sa force mais plutôt dans la narration, réel mise en abîme de la fonction du cinema. Pendant deux heures l'auteur nous raconte un scenario, des personnages, des trames et pendant ces deux heures il nous convainc que ce qu'il dit est vrai. Il nous a tenu éveillé et hors d'haleine sur l'histoire que raconte le personnage de Kevin Spacey. Mais tout ce tissu d'évènements n'est que de l'imagination et est seulement légèrement basée sur des faits réels. Tout le film est seulement un truand racontant des bobards à un pauvre flic qui est si content d'entendre se qu'il veut entendre qu'il mord a l'hameçon, Qu'il accuse la mauvaise personne. N'est ce pas la le rôle du cinema, de nous faire croire, nous les spectateurs, à la fiction, de nous sortir de la réalité et nous donner ce que l'on a besoin de voir. Un pur moment de création où la réalité est transcendée par l'éloquence de Verbal Klint en quelque chose qui nous sort de l'ordinaire, de notre vie « monotone ».

    Voilà ce que nous dit l'auteur : Tout est faux , tout est fiction mais pendant deux heures au moins on y croie.  

King Kong (2006)


On retrouve dans le remake du “King Kong” de 1933 toute l'invention narratif du réalisateur de la trilogie du « seigneur des anneaux ». Peter Jackson nous y démontre, en près de 3 heures de film, que son oeuvre est cohérente sur tous les niveaux. Il réussit donc à donner au spectateur une vraie aventure cinématographique et par conséquent à l'émouvoir.

Le scenario est une des réussites du film. Ses grandes lignes sont connues mondialement, un énorme singe s'éprend pour une jeune fille désœuvrée et essaye, à tous prix, de rester avec elle. Mais la particularité du King Kong de Jackson est la présence de multiples personnages secondaires qui offrent au film une vraie crédibilité. Entre autre, un metteur en scène frustré qui cherche le divertissement suprême, ou bien le capitaine du bateau dont la mission principale est d'attraper la plus grosse bête au monde. Ces personnages donnent au film de l'intensité et de l'épaisseur grâce a la diversité des histoires traitées. On sent une force derrière tous ces destins, que l'auteur peint, les menant inéluctablement à l'aboutissement de leur quêtes. Ils cherchent tous quelque chose, la gloire, l'amour, la liberté. La caricature est présente souvent mais elle n'empêche pas le plaisir de voir l'aventure de ces vies dans un sauvage le plus extreme qui les poussent à leur nature la plus réelle.

Une autre réussite du réalisateur est la peinture du New York de l'époque. Les 30 premières minutes sont un véritable éblouissement au niveau des décors et de l'ambiance. Le cadre est détaillé à la perfection et les lumières sont très bien rendus. On est immergé dans cette ville qui donne au film une réelle identité. Cette première partie est mit en contraste, ensuite, avec la « maison » du King Kong, la jungle. Le gris de New York est remplacé par un vert exotique, les immeubles par de longs arbres fouillis et les New-yorkais par des bêtes monstrueuses, grandes ou petites. Encore une fois le détail y est: on ressent la chaleur, l'étouffement du milieu. Les personnages sont émerveillés, presque mystifiés par la beauté comme forcé de constater l'insignifiance de leur existence. Les effets visuels sont remarquables, tous font extrêmement vrais. On pourra citer la bataille entre un T-tex et notre King Kong superbement maitrisée et alléchante.

Mais l'intérêt principale du film se situe dans le triangle amoureux, atypique, fondé sur le thème du regard. En effet des le début du film les gros plan sont nombreux et les visages extrêmement exploités. Ensuite sur le bateau, un endroit clos, la vérité se dévoile dans le regard et non la parole. En opposition avec les indigènes qui n'ont pas d'œils à proprement parlé, ainsi ils sont dénaturés. L'héroïne principale est donc attirée par un écrivain qui n'arrive pas à s'exprimer puis par une bête énorme qui ne peut pas parler. La communication est seulement faite par le regard. Mais c'est la bête qui remporte le duel, les paroles, l'écriture ne suffisent pas. Le contact et le regard sont bien plus important, mis en contraste dans la dernière partie du film avec la ville de New York et ses habitants qui sont aliénés de leur propres émotions, il n'y plus de réelle communication. Peter Jackson touche donc le spectateur par cet amour platonique mais meurtrier, qui survit le temps et défit une société capitaliste sans émotion ni compassion, renfermée sur elle même.
 
Julien  Dumas

mercredi 6 octobre 2010

Little Miss Sunshine

         Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton et Valerie Farris qui raconte le weekend plus qu'atypique d'une famille de la côte ouest des Etats-Unis fut un succès considérable tant critique que publique pour un film indépendant. Nominé pour quatre oscars, il en gagna deux : Meilleur scenario original et meilleur second rôle pour le grand père cocaïnomane. Jouant tantôt sur la comédie que sur le drame ce film montre des personnages aussi bien décalés (le grand père donc qui se drogue ou encore l'oncle suicidaire homosexuel et fan de Proust) que caricaturés ( L'ado dépressif et muet adorant Nietzsche et la mère « control freak »). Et à travers ces personnages et leur rencontres les auteurs parviennent à ne pas décrire seulement une famille quelconque mais la vie américaine dans son ensemble. 


          En cherchant a comprendre le film, une de ses caractéristique qu'il ne faut pas manquer est son appartenance au genre cinématographique du road-movie. Un long métrage donc qui se situe sur la route, d'un point donnée à un autre. Ici le scenario si prête parfaitement : Des parents, plus un frère et un grand père, accompagnent leur fille olive à un concours de beauté situé à une journée et demie de leur résidence. Un road movie tout craché renforcé par la forte présence de la voiture, une camionnette volkswagen, qui tombe en panne, qu'on doit pousser pour faire passer la seconde et qui a le klaxon cassé... Elle fait presque partie de la famille. On retrouve l'esprit du road-movie aussi dans le nombre de situations et rencontres comiques et incongrus. Pour en citer quelques-unes : L'oncle suicidaire se fait surprendre par un des ses anciens élèves en train d'acheter des magazines pornographiques pour le grand père ou encore l'arrestation dû au klaxon cassé, par un motard, de la voiture où le corps du grand père, mort en chemin, est caché dans le coffre. C'est dans ces moments que réside le comique du film.  


        Le ton n'est pas seulement dans le road movie, le film est aussi une vraie étude de moeurs sur la famille et tous ces interactions inter-familiales. Le film contient un nombre considérable de plans ou chacun des membres est représentés : au début, avant de partir et a la fin où tout ce petit monde est assis méditant sur leur parcours. Tous ces personnages ont leurs habitudes leur caractéristiques qui se dévoilent au sein de la famille. Le père, par exemple, qui ne se rend pas compte de son échec professionnel essaye de montrer à sa fille les attitudes des « winners » en lui faisant remarquer qu'elle sera un jour en surpoids si elle mange trop de glace. Ou encore la petite qui ne se croient pas assez belle et doute sur ces capacités. C'est en effet elle qui ouvre le film en imitant devant sa télé les gestes exactes d'une miss America. C'est toutes ces petites choses qui font de ces gens une famille certes un peu loufoques et c'est dans ces imperfections que la famille devient ,peut être pas modèle, mais touchante, sympathique et sincère. Les auteurs le montrent bien : on voient les personnages dans leurs moments de faiblesse ou le doute les emportent : Le père n'aura jamais l'opportunité de faire son livre, L'adolescent se rend compte qu'il est daltonien et ne pourra donc pas être pilote et le frère suicidaire vie chez sa soeur et n'a plus de bouleau. La famille nous apparait attachante et réconfortante, on ressort de la salle joyeux et peut être un peu plus grand. 


       Mais le film finalement prend aussi une forme dénonciatrice et polémique surtout dans la scène finale lors du concours de beauté. En résumé, les personnages arrivent trois minutes en retard, ils sont d'abord rejetés par l'aimable réceptionniste mais qui les accepte finalement après l'aide de l'informaticien. Lors de la préparation d'olive, la famille se rend compte du ridicule professionnalisme des autres gamines qui sont presque défigurés par le maquillage et les tonnes de produits qu'elles utilisent. Personne donc pensent qu'olive peut rivaliser et tout le monde croient qu'elle va se ridiculiser. Et en effet sa chorégraphie complètement déplacée fait scandale jusqu'au point ou toute la famille part danser sur scène avec elle et sont renvoyés et disqualifiés. Ainsi cette famille qui est d'abord vue comme fragile et désorientée est marginalisée. elle ne semble pas appartenir à cet endroit ou les mères se battent pour savoir qui de leurs filles est la plus belle dans une ambiance bercée dans l'innocence défigurée des enfants. Tous ces gens sont complètement en décalage avec le monde extérieur comme enfermé dans leur cocon de puritanisme américain. La famille alors nous paraît la plus sincère et naturel du monde. Ils ne sont peut être pas parfait mais en poussant leur camionnette a la sortie du parking ils paraissent ,avec toujours leurs doutes leurs peurs et leurs craintes respectives, beaucoup plus heureuse.       

Clément Dumas